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Les cylcones depuis 1948 - Les cylcones avant 1948

Les cylcones avant 1948
20 DÉCEMBRE 1844
"Le quartier Saint-Paul a
été en partie submergé par les eaux du Bernica et des cascades. Il y a eu de un
mètre à 1,50 m d'eau sur la chaussée (.) Une coulée du pont de la ravine des
Grègues a été endommagée et il s'est fait des éboulements assez considérables
aux rampes de Manapany et de Basse Vallée (.) La route de Salazie a été
profondément dégradée dans plusieurs endroits au-delà de l'Escalier. Le
débordement du Bras-Sec a comblé la source de Salazie d'environ 1,50 m de sable
et de pierres" (rapport au gouverneur).
JANVIER 1845
"La mer a été affreuse
pendant trois jours, des vagues énormes n'ont cessé de déferler avec violence
sur toute la côte et dans plusieurs localités, dont Sainte-Suzanne. Elles ont
envahi des parties du rivage où, de mémoire d 'homme, elles n'étaient jamais
parvenues" (rapport au directeur de l' Intérieur)
27 JANVIER 1850
"Vers les neuf heures du
soir, une pluie torrentielle a commencé à tomber jusqu'au lendemain à 7 heures.
Toutes les rivières étaient hautes à un degré effrayant ; la rivière du Mât
avait tellement grossi que le remous montait au-dessus de la pile (.) Un grand
nombre de cases du bourg de Saint-André ont été inondées par l'eau des ravines
qui coulait avec impétuosité." (rapport au commissaire central)
16/17 JANVIER 1858
"Le Bernica a débordé
et est venu inonder la chaussée et se répandre dans les jardins et les maisons.
Les crues se sont élevées à un mètre au-dessus du niveau de la route (.) Une
dame, sa mère et son fils âgé de huit ans sonttombés dans un puits dont la
margelle déjà très basse était recouverte par les eaux. Les deux femmes ont pu
être sauvées, mais l'enfant s'est noyé." (rapport de la gendarmerie coloniale au
gouverneur)
10/11 FÉVRIER 1860
"Dès minuit, les
rivières (.) commencèrent à déborder sur leurs rives mais sans inspirer de
crainte sérieuse, de manière que les habitants demeurèrent dans une sécurité
trompeuse et ne prirent aucune précaution pour se garantir des effets de
l'inondation qui se déclara tout à coup vers 4 h du matin (.) La propriété des
héritiers (.) a été ravagée et une case de gardien a été emportée. L'homme qui y
habitait a péri dans les eaux ; on a retrouvé son cadavre hier. Un Malgache qui
habitait une autre case (.) n'a pu se sauver qu'en pratiquant un trou au-dessus
de la toiture et en y passant, ainsi quesa femme." (rapport au directeur de
l'Intérieur) "La pluie n'a cessé de tomber depuis l'inondation, mais il y a eu
un redoublement à partir du 22, qui a été en augmentant avec de très fortes
rafales du 24 au 27, pendant soixante heures. Nous avons été écrasés par la
pluie et le vent. Une grande quantité d'éboulis ont encore eu lieu." (rapport au
commissaire central)
2 FÉVRIER 1863
"Le sable, à chaque coup de
mer, était enlevé avec une extrême rapidité de façon que déjà, les fondements
des bâtiments de la douane et du port commençaient à se découvrir. C'est à ce
moment que le caporal du Génie Bussière (.) fut entraîné à la mer ; du parc à
charbon, ce malheureux fut transporté par les lames de l'autre côté du pont (.)
A 2 h, une lame vint jeter en travers de la rue Labourdonnais une des grosses
embarcations des marines ; le garde de police Aristole Hortencia n'eut pas le
temps de se retirer et fut écrasé entre cette embarcation et un canon-borne."
(témoignage du commissaire de police de Saint-Paul dans "Le Moniteur de la
Réunion")
MARS 1868
"Toutes nos ravines et rivières
ont coulé comme on ne l'avait pas vu depuis bien longtemps. Les cultures ont été
ravagées. La récolte de maïs peut être considérée comme totalement perdue ; on
estime à trois cinquièmes la perte éprouvée sur celle du café." (rapport de
Saint-Pierre au directeur de l' Intérieur)
6 JANVIER 1871
"L'avalaison a été si forte
que la plupart des affluents de la rivière du Mât ont débordé sur plusieurs
propriétés, qu'ils ont dégradées et même creusées, et ont emporté les
passerelles qui avaient été établies." (rapport au directeur de
l'Intérieur)
16/17 FÉVRIER 1872
Au bout de l'étang et sur toute l'étendue de la chaussée, l'eau a pénétré de
tous côtés. Les maisons sont inondées, quelques-unes même renversées (.) Tout le
territoire de la chaussée qui embrasse une grande partie du centre de Saint-Paul
a été entièrement submergé par le débordement des ravines." (rapport au
directeur de l'Intérieur) "Une boutique habitée par l'Indien (.), bâtie entre la
route du littoral et les pas géométriques a eu toute sa partie nord endommagée
par la mer. Cet Indien a dû fuir avec toute sa famille et abandonner une partie
de ses marchandises, effets et animaux, qui ont été enlevés par les lames."
(rapport au directeur de l'Intérieur - Sainte-Marie) "A la Plaine-des-Cafres,
l'ouragan a duré 24 heures de plus que sur le
littoral (.) Les récoltes sont entièrement détruites. La pluie a été si forte
qu'elle a sillonné et creusé des champs entiers. Les pommes de terre arrachées
ont été emmenées à des distances considérables." ("Le Courrier de
Saint-Pierre")
27 JANVIER 1874
"Dans la nuit du 27 au 28,
par le calme le plus profond, une petite trombe venant de la mer a franchi les
pas géométriques dans les environs de laRavine-Creuse, et a enlevé sur son
passage deux cases de pauvres gens, et a fait sentir son action jusqu'à 5 ou 600
mètres à l'intérieur des terres." (rapport au directeur de l'Intérieur)
23 MARS 1874
"Pont Laperrière à
Saint-Gilles emporté par les eaux, radier emporté, pont du cimetière détruit.
Une forte partie de l'un des trois ponts enlevée (.) Plus de deux pieds d'eau
dans la geôle où il existe aussi des dégradations." (rapport du commissaire de
police de Saint-Paul) "Tous les ravins et ravines ont donné avec une violence
rare et les crues en ont été assez exceptionnelles pour qu'on doive remonter
pour trouver de pareilles à 24 ou 25 ans (.) Le radier de la rivière d'Abord a
complètement été enlevé. La crue de cette rivière a été exceptionnelle (.) Le
Petit Bassin et l'avant-port ont en partie été comblés (.) Les eaux de la Ravine
se sont élevées à près de trois mètres, si ce n'est davantage, au -dessus de son
lit." (rapport au directeur de l'Intérieur) "Le 28 au matin, tous les cours
d'eau avaient grossi ; la rivière du Rempart était impétueuse et le 29 au matin,
elle menaçait d'enlever un magasin (.) Je suis monté avec un gendarme, le
commissaire de police, le conducteur des Ponts et Chaussées et quelques hommes
jusqu'à six kilomètres environ afin de porter secours à cette famille ; mais
comme il n'y a pas de chemin tracé et que le rempart est à pic et très élevé,
qu'en outre la pluie et la brume ne permettait pas de s'aventurer dans le
rempart, les hommes qui devaient y descendre ont renoncé." (rapport d'un chef
d'escadron au commandant de la compagnie)
26 NOVEMBRE 1875
"Cette femme demeure à
cinq minutes de marche de cette vallée. Entre cinq heures et demie et six
heures, elle entendit un bruit semblable au grondement du tonnerre, et qui se
prolongea pendant quinze ou vingt secondes. Puis elle ressentit une forte
secousse accompagnée d'un fracas épouvantable, comme une détonation d'artillerie
(.) Un homme était dans sa case, placée sur le gradin le plus élevé à l'ouest du
Gros-Morne, lorsqu'il entendit un bruit terrible. Se précipitant dehors, il vit
passer un nuage noir, puis des arbres, de la terre, des pierres qui
rebondissaient au fond de la vallée. Le sol trembla. Tout ça dura deux à trois
minutes (.) Le talus en gradins qui s'étendait au pied du Gros-Morne a
complètement disparu, sans laisser aucun vestige. A la place s'ouvre une vaste
excavation dont le fond est à 60/70 mètres au-dessous d'un petit champ de maïs
(.) Au fond de l'excavation s'est formé un petit lac aux eaux troubles (.)
Au-dessus de l'endroit où se terminait le talus habité, la montagne a subi une
perte du substance jusqu'à mi-hauteur, c'est-à-dire 1 200 m environ." (rapport
de la commission d'enquête sur l'écroulement du Gros-Morne - 62 morts)
15 JANVIER 1878
"La rivière des Remparts,
celle de Langevin et toutes les ravines présentaient le 15 à 3 heures
après-midi, au moment où la tempête avait atteint son plus haut degré de
violence, l'aspect de véritables torrents auxquels aucun obstacle n'aurait pu
résister. La ravine Jean-Petit a donné une telle quantité d'eau (.) que ceux qui
passaient à peu de distance de son lit avaient de l'eau jusqu'à la hauteur du
buste." (rapport au directeur de l'Intérieur) "La pluie a été très abondante,
toutes les ravines sont descendues (.) Il y a eu sur la chaussée jusqu'à six
pieds d'eau. La mer est arrivée devant les établissements de marine. Deux
bateaux qui se trouvaient en rade ont disparu. Un Indien a été noyé au bout de
l'étang." (rapport de Saint-Paul au directeur de l'Intérieur) "Je me suis
transporté ce matin au lieu-dit le Champ-Borne, sur la propriété civile du
Colosse (.) à l'effet d'opérer les levées de cadavres de six individus de caste
indienne, y compris deux enfants, âgés de 13 et 6 ans, appartenant au-dit
établissement, trouvés morts accidentellement sous les décombres de l'hôpital
qui s'est effondré ce matin, vers une heure, à la suite d'une trombe de mer."
(rapport du commissaire de police de Saint-André) "Mercredi 16 au réveil, le
quartier Sainte-Marie offrait à l'oil attristé un spectacle navrant (.)
Plusieurs petites cases (dix environ) qui se trouvaient au bord de la mer (.)
ont été enlevées dans la nuit par la mer dont les lames arrivaient jusque sur la
grande route." (rapport au directeur de l'Intérieur) "Depuis le village jusqu'au
pont de la Savanne, ce ne sont qu'éboulis (.) A l'entrée du chemin des Freis, il
y a un très fort éboulis d'une longueur de 50 m au moins qui a entraîné la
maison en bois du sieur Beuf qui a tout perdu." (rapport de Salazie au directeur
de l'Intérieur)
21/22 MARS 1879
"Vers 9 heures du matin,
la crue d'eau descendait avec une telle impétuosité qu'elle passait par-dessus
les parapets du pont, nous bloquant dans la caserne durant 24 heures (.) Je
crois que pour la sécurité de la brigade, il serait bon de demander à ce que le
casernement change de place. D'autant plus qu'en pareil cas, nous ne pouvons
être d'aucun secours à la population." (rapport du brigadier commandant la
brigade du Tampon) "Cyclone terminé, a été assez violent. beaucoup d'eau dans la
partie basse de la ville. La crue du Bernica plus forte que les autres années
(.) pont de la Plaine endommagé, pont de Saint-Gilles emporté. Sur rampes de
l'ancienne route au-dessus de la cure, un fort éboulis, routes abîmées, pas
encore de nouvelles précises des campagnes." (rapport au directeur de
l'Intérieur)
FÉVRIER 1892
"Les cabanons des engagés de
cet établissement ont été fort endommagés. Le raz de marée a été violent, les
lames ont pénétré même jusqu'aux camps, enlevé leurs toitures en tuile. Les
hommes ont perdu tous leurs animaux ; le pont de cette marine a été enlevé par
la force de la mer." (rapport au directeur de l'Intérieur)
6/9 MARS 1899
"Viens vous informer que
nombreux éboulis interceptent communication sur la route. Télégraphe ne
fonctionne pas entre Saint-André et village. Beaucoup de dégâts." (message de
Salazie au directeur de l'Intérieur) "Violent cyclone hier dans la soirée.
Plusieurs maisons écrasées, écuries Kerveguen écroulées, mules tuées. Gardien
d'écurie supposé encore sous les décombres (.) Comme route nationale encombrée,
circulation impossible avant deux jours." (dépêche télégraphique).
1948
passage au plus près de la Réunion à
30 km à l'ouest dans la nuit du 26 au 27 janvier. Pression 967 hPa (725 mm) au
Port. Rafales de vents supérieures à 220 km/h. Pluies très abondantes surtout
dans l'Ouest : 625 mm le 26janvier à Bois-de-Nèfles Saint-Paul. 165 morts et
perte totale des cultures vivrières. Secousses sismiques. Pression de 940 hPa au
passage de Saint-Brandon.